Etant moi même cycliste régulièrement, je peux répondre assez facilementFrancky a écrit : 23 mai 2026, 10:30 Le Cyclisme rend il con ?
Constat simpliste mais factuel: une grande majorité de cyclistes réclament le partage de la route, le respect du code de la route et sa sécurité.
Alors pourquoi les adeptes de la petite reine ne s'arrêtent que très rarement aux stops, aux feu rouge, ne respectent pas les règles de priorité, n'utilisent que par obligation les bandes et pistes cyclables réalisées avec nos impôts à leur profit, tel que cela se passe devant chez moi quotidiennement ?
La route se partage et ne se monopolise pas !
C'était mon coup de gueule du jour.
Très bon week-end de Pentecôte à tous.
"une grande majorité de cyclistes réclament le partage de la route, le respect du code de la route et sa sécurité" : cela parait cohérent, que cela vienne des cyclistes, des piétons, et de tous les usagers de la voie publique.
"Alors pourquoi les adeptes de la petite reine ne s'arrêtent que très rarement aux stops, aux feu rouge, ne respectent pas les règles de priorité, n'utilisent que par obligation les bandes et pistes cyclables réalisées avec nos impôts à leur profit, tel que cela se passe devant chez moi quotidiennement ?"
Il y a plusieurs raisons à cela, qui se cumulent ou se complètent :
- Le cycliste fait un effort musculaire important quand il se met à l'arrêt puis redémarre ensuite, plus que tout autre véhicule, et plus que le piéton. S'arrêter et redémarrer demande de l'énergie, donc assez naturellement le cycliste tente de minimiser l'énergie perdue en préférant ralentir et reprendre plutôt que de s'arrêter complétement et redémarrer de zéro ensuite. C'est de l'économie d'énergie musculaire, il fait au plus efficace, et il le fait naturellement car ça le fatigue moins. Même en vélo électrique, s'arrêter et redémarrer demande plus d'énergie. En bref, la plupart du temps, s'arrêter pour un cycliste ne vaut pas le coup, mieux vaut ralentir, regarder si la voie est libre, et reprendre ou s'arrêter.
Imaginez un trajet standard en ville : 5 kilomètres, 20 minutes et environ 16 intersections (feux, stops, priorités).
Pour un automobiliste, s'arrêter et repartir demande un simple mouvement de cheville sur une pédale pour relancer le moteur. Pour un cycliste, le moteur, ce sont ses cuisses. Des calculs physiques simples montrent que s'arrêter complètement à chaque intersection oblige le cycliste à rouler beaucoup plus vite entre les feux pour compenser le temps perdu à l’arrêt.
Résultat ? Un cycliste qui joue le jeu de l'arrêt total consomme 31 % d'énergie en plus qu'un cycliste qui régule sa vitesse en ralentissant pour "glisser" (lorsque la voie est libre).
Moins de calories, mais surtout moins de souffrance: au-delà du chiffre, c’est la nature de l’effort qui change tout. Relancer une masse de 80 kg (vélo + cycliste) à partir de zéro exige une force brute importante. Répéter cela 16 fois en 20 minutes transforme une simple balade de santé en une séance de sport. Vos muscles brûlent plus d'énergie et ça vous coûte.
En conservant un léger élan (autour de 7 km/h) pour vérifier la priorité avant de relancer, le cycliste s'épargne ces pics de puissance . C’est de l'éco-conduite humaine.
- Le cycliste de manière générale n'est pas dangereux pour "les autres", il le ressent bien quand il est sur la route avec les autres véhicules, la seule chose que peut abîmer un cycliste c'est lui même ou un piéton, et pour le coup, les accidents de cyclistes avec les piétons sont quasiment systématiquement légers. Les statistiques des accidents le disent, les cyclistes ne tuent pas. Et ça, ça participe au fait que pour ces cyclistes, ne pas s'arrêter complètement à un feu rouge ou un stop n'est pas assez risqué pour que cela en vaille la peine. Ca ne vaut pas non plus la peine pour de nombreux autres véhicules dans bien des situations, mais ces derniers, eux, peuvent provoquer des dégâts plus importants.
- Compte tenu des deux raisons précédents, le cycliste sait bien qu'il risque très peu d'amende de la part des forces de l'ordre, il ne représente pas assez une priorité en terme de sécurité pour les autres, il gère lui même sa propre sécurité et son risque (pas toujours de manière convaincante c'est sûr). On voit en ville parfois des petites amendes qui sont distribuées aux cyclistes pour donner un peu l'exemple, ou pour expliquer aux cyclistes avec de la musique dans les oreilles qu'ils sont dangereux pour eux même, mais ça reste très rare.
- Pour compléter il faut aussi tenir compte des cyclistes qui ont bien compris les notions d'angles morts, et qui à chaque carrefour vont se mettre au devant du passage piéton (au feu rouge), afin d'être sur qu'on les voit (surtout en cas de trafic chargé au feu) : c'est une manière de sauver sa peau en ville. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a des SAS vélos au pied de nombreux feux rouges, mais qui ne sont pas toujours bien compris des autres véhicules.
- Enfin il y a le panneau M12 : on pense que le cycliste a grillé le feu/le stop, mais il y a en fait des panneaux spécifiques pour les vélos, qu'on peut voir sous les feux ou stop, et qui leur permettent de ne pas s'arrêter s'ils vont dans telle ou telle direction, s'il n'y a pas de piéton qui traversent et si la voie est libre. Ces panneaux ne sont pas systématiquement bien connus de tous les usagers de la route puisqu'ils ne concernent que les cyclistes.
- Le cycliste qui roule sur la route, à coté d'une piste cyclable, le fait pour plusieurs raisons :
* soit il a un problème d'égo, il pense que la piste cyclable est faite pour les cyclistes débutants ou en promenade, et lui en tant que grand sportif avec son vélo de grande qualité, n'accepte pas l'idée de s'abaisser à rouler sur la piste cyclable.
* soit il est jeune et rebelle, et il aime le montrer : il n'est pas con, il se construit une personnalité
* soit, la piste cyclable est tellement mal fichue que c'est une tannée de rouler dessus (les pistes qui montent et descendent à chaque sortie de garage par exemple), et dans ce cas mieux vaut rouler là ou il y a de la place et moins d'obstacles, sur la route avec les autres véhicules.
* soit le revêtement de la piste cyclable est très mauvais, car pas entretenu, ni refait, bourré de trous, bref très inconfortable, et dans ce cas mieux vaut rouler là ou il y a de la place et moins d'obstacles, sur la route avec les autres véhicules.
* soit la piste est trop encombrée de voitures garées, ou poubelles et autres désagréments, ou encore d'autres cyclistes, et dans ce cas mieux vaut rouler là ou il y a de la place et moins d'obstacles, sur la route avec les autres véhicules.
* soit le cycliste est pressé, et la piste bien qu'en bon état ou bien réalisée est occupée par des bambins, et dans ce cas c'est moins dangereux de rouler sur la route.
* soit, la piste (parfois réalisée sur un morceau du trottoir) est très très régulièrement occupée par des piétons qui marchent dessus sans savoir qu'ils représentent un danger, parfois avec des poussettes et des enfants, et dans ce cas aussi mieux vaut éviter la piste.
* soit, et ça m'arrive régulièrement quand je circule dans des zones que je ne connais pas : ile cycliste a loupé/pas vu l'entrée de la piste cyclable et de là ou il est, c'est pas toujours simple d'y aller (ça arrive) et ça ne vaut pas toujours le coup si c'est pour 300 mètres...
* soit il roule en "groupe", et dans ce cas on apprend souvent aux cyclistes à se comporter en groupe comme un seul et même véhicule, comme un gros camion, rouler condensés. C'est mieux pour la sécurité, même si c'est moins facile à doubler en ville (mais plus facile a doubler sur une route).
Le paradoxe mathématique
Pour un automobiliste, la file indienne semble plus logique. Pourtant, 15 cyclistes alignés s’étirent sur près de 50 mètres : l'équivalent d'un semi-remorque à doubler. En bloc compact, le groupe ne fait plus que 15 mètres (la taille d’un bus). Le dépassement est deux fois plus court, donc bien plus sûr pour tout le monde (si les conditions le permettent).
L'effet "tracteur" : une colère psychologique
Pourquoi accepte-t-on de patienter deux minutes derrière un tracteur agricole à 25 km/h, alors que le peloton de cyclistes déclenche une rage immédiate ? C'est une question de perception sociale : le tracteur travaille, le cycliste s'amuse. L’automobiliste a l’impression que son temps est confisqué par le loisir des autres. Pourtant, la gêne physique est strictement la même.
Ce que dit la loi : le code de la route est clair : les cyclistes doivent se remettre en file indienne dès qu’un véhicule annonce son approche pour dépasser. Refuser de se ranger pour ne pas casser son rythme d'entraînement, ce n’est plus de la sécurité passive, c’est de l’obstruction.
Les automobilistes doivent accepter de lever le pied 30 secondes pour attendre une zone de visibilité, et les cyclistes doivent impérativement rompre le bloc et faciliter le passage dès que le trafic s'accumule derrière eux.
Pour terminer, il y a naturellement, comme chez les autres conducteurs, des cyclistes qui évaluent mal la vitesse (la leur, celle des autres), les distances, ou tout simplement, le risque, et la fatigue chez certains (pour avoir mal dormi, ou roulé un grand nombre de km dans la journée) n'aide en rien.
Voilà tout ce que je peux dire sur les cyclistes.








